Le constat est sans appel, l’usage de la machine est omniprésent dans nos vies de tous les jours, pire, pour nos loisirs elle peut l’être tout autant, voir plus ! Le dire est presque une évidence, en prendre conscience un autre combat !

Certaines circonstances sont propices pour s’en rendre compte : me voilà embarqué sur le bateau de mon club pour une régate prévue sur 100MN, lors du briefing le parcours est présenté, les positions GPS des marques de passage sont données. Bien évidemment tous les concurrents se précipitent pour remplir leur GPS préféré des coordonnées des marques à virer, rien de plus normal, de plus naturel aujourd’hui.  La météo est clémente, soleil radieux, vent faible, houle longue du golfe de Gascogne bien présente malgré tout, j’avais préparé mon sextant pour faire des visées sur le soleil en conditions réelles pour mon entrainement et m’améliorer dans mes visées, méridiennes et droites de hauteurs. Pris dans une sorte de torpeur molle, secoué sur ce bateau aux voiles pendantes et battantes par manque de brise, dans cet intérieur surchauffé, tout mouvement autre que celui du regard hagard rivé sur l’écran de son boitier électronique devient un effort. S’arracher de cette apathie lourde demande de la volonté, la nausée, ensuite, prend rendez-vous à la table à cartes et s’invite pendant la visée au sextant, l’horizon danse sur un soleil vert devenue balle de Ping Pong rebondissante, stabiliser l’ensemble demande concentration, dextérité et endurance. Oui il faut faire un effort pour se sevrer d’une drogue dure, notre dépendance au confort des machines électroniques organisée et basée sur nos faiblesses, la paresse par exemple, nous ont rendu incapable de naviguer sans elles, un comble pour une activité prônant la liberté ! Je rêve donc maintenant de belles navigations, sensation d’un bateau bien mené, enjeu d’une navigation sans électronique, stress d’une certaine incertitude de sa position, efforts intellectuels pour la rendre la plus juste, la navigation est un tout. Vous verrez, jamais plus la question : comment je passe mon temps sur bateau ? ne se posera.

La régate c’est déroulée, téléguidés de bouées en bouées par le GPS, sans vent tout cela était fort ennuyeux, nous avons abandonné comme tous les concurrents qui n’en pouvaient plus. Un seul a terminé le parcours en entier, grand bien lui en fasse, il s’est déclaré vainqueur, mais de quoi au juste, je ne sais pas, peut être du plus gros ego. En réalité c’est un vrai régatier qui ne lâche jamais rien, bravo!

Après ce petit paragraphe liminaire revenons à nos visées, les premières ont été raté, pour les raisons suivantes :

-Pour prendre l’heure ronde avant d’enclencher le chronomètre j’étais munis de mon smartphone, sauf que le soleil, les lunettes de soleil et l’écran rayé rendaient l’écran complètement noir ! J’ai demandé à Christel équipière sur le bateau de me donner l’heure ronde sur sa montre quartz, sauf qu’elle n’était pas à l’heure !

-La table à carte était mal organisée, pas de gomme et un crayon bois qui faisait des traits comme mon pouce….

-pas à l’aise pour trouver sa position pour les visées, assis, à genoux…quand ça remu.

-poser approximativement le soleil sur l’horizon avec l’œil gauche ouvert avant de retirer les filtres d’horizon (c’est là que le soleil ressemble à une balle de ping-pong qui ne s’arrête plus…)

-retrouver son soleil au plus près de l’horizon, bizarrement il est introuvable…

-tous ces problèmes résolus, difficulté à trouver la limite nette du soleil tangentant  l’horizon, balancement du sextant pas évident.

Bref tout ça pour dire qu’il faut de l’organisation et de la pratique, c’est un métier !

Avec Jean François équipier sur le bateau, nous avons en persévérant, pu faire une droite de hauteur qui semblait correcte, en voici les paramètres :

-coordonnées GPS au moment de la visée latitude 43°42’ N Longitude 1°27’,35 W

-Heure TU visée 14h00m15s le 23/05/2026

-Lecture du sextant 56°11.84 bord inférieur du soleil

Je vous laisse juger du résultat, intercept 0.4 MN ! Ca vaut la peine de persévérer.