La collimation c’est quoi?
En calant mon sextant à 0, lorsque je vise l’horizon, dans ma lunette l’image directe et réfléchie n’est pas alignée, c’est la collimation (C). Elle est due à un défaut de parallélisme des miroirs dans les conditions de température et d’humidité du moment. Elle ne doit pas dépasser 5′ au delà il sera necessaire de régler le sextant. C’est une opération qui doit être faite systématiquement et rapidement avant chaque visée.
Avec la vis micrométrique de l’alilade j’aligne les horizons, la collimation à un signe, entre 0 et 5′ elle est positive, entre 0 et 55′ elle est négative.
Evaluer la collimation, méthode précise: plutôt que de viser l’horizon, on superpose le soleil réfléchi (rouge) sur son image directe (vert) en ayant pris soin de caler préalablement son sextant à 0 avant chaque mesure.
Sur la vis micrométrique on obtiendra une lecture à gauche (alidade en rouge) et une lecture à droite(alidade en vert) par rapport au 0 du limbe, au passage cette mesure correspondra au diamètre du soleil.
Si ces lectures ne sont pas identiques, la moyenne des deux donnera la collimation exacte.
Et si je réglais mon sextant, ma collimation dépasse les 5′!
Mince, ma collimation dépasse les bornes, il va falloir s’atteler au réglage de mon sextant…
D’abord je commence par le miroir d’index, je vais préalablement chercher 2 Legos identiques, mais de couleurs différentes dans les jouets des enfants (petits enfants dorénavant… ) et m’assurer de bien avoir la clef de l’unique réglage du miroir d’index.
OK, j’ai tout ce qu’il me faut. Dans l’ordre: je retire la lunette du sextant, je règle l’alidade sur 40° environ, je pose mon sextant à plat sur une table miroir d’index au bord, je mets un lego sur 10° et l’autre sur 110°, je me mets mon oeil à hauteur du sextant et me débrouille pour voir les 2 Legos, l’un directement et l’autre réfléchi dans le miroir d’index ( si si on y arrive…), les 2 Legos doivent être rigoureusement à la même hauteur, sinon j’agis sur l’unique vis de réglage du miroir.
Pas plus compliqué que ça!
Une fois le réglage de la perpendicularité du miroir d’index réalisé avec succès, passons au petit miroir.
Il faut le faire en visant par une belle nuit étoilée l’étoile la plus brillante, en calant mon sextant à 0, je vois cette étoile décalée verticalement et horizontalement dans ma lunette, je dispose sur mon petit miroir de 2 vis de réglage, manœuvrable avec la même clef que le miroir d’index. En jouant sur ces réglages on arrive à faire coïncider les 2 images.
Il n’est pas facile tout en visant l’étoile d’engager la clef dans les logements des vis de réglage, vous serez peut être dans l’obligation de quitter votre étoile pour le faire, c’est pour cela qu’il faut choisir l’étoile la plus brillante reconnaissable entre toutes pour la retrouver sans peine, je vous conseille par ailleurs de vous équiper pour cette opération d’une lampe frontale en lumière rouge pour mettre la clef des vis des réglage au bon endroit sans trop tâtonner, car vous devrez jouer très probablement sur les 2 vis de réglage pour arriver à faire coïncider les images de l’étoile visée. Si par malheur la clef de réglage vous échappe des mains (c’est du vécu!) la lampe frontale vous sera bien utile pour la retrouver…
Lorsque mes 2 miroirs sont parfaitement réglés ma collimation sera en principe à 0.
Votre sextant parfaitement réglé est maintenant opérationnel, avec, vous pourrez mesurer l’angle entre un astre et l’horizon (ou à terre un horizon artificiel), cette hauteur angulaire est nommée la hauteur instrumentale (Hi), vous devrez vous doter également d’une montre précise réglée en heure universelle, heure TU et d’un chronomètre tout simple, on en trouve pour 15Euros chez n’importe quel fournisseur d’articles de sport…..
Avec ces instruments vous êtes en mesure de vous positionner, n’importe où sur le globe terrestre avec précision, c’est la magie du procédé qui vous libère si vous le souhaitez, de toute dépendance aux technologies extrêmement sophistiquées que l’on nous offre, et que l’on pourra nous retirer, si on est pas sage!
Restons autonome!
Néanmoins la connaissance théorique, même si elle est beaucoup plus simple qu’on ne l’imagine demande un petit effort, et la précision demande de l’entrainement pratique au sextant, une erreur de 1′ sur la hauteur c’est 1 Mille nautique, soit 1852m, une erreur de 1 seconde c’est 463m.
L’objet immédiat n’est pas de faire un site explicatif sur la théorie, d’autres le font très bien, le site NAVASTRO est une référence dans le domaine, mais d’inciter à vous mettre en marche pour acquérir cette connaissance qui mele science, histoire et poésie.